BIENVENUE

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Ce blog racontera la biographie de Marilyn Manson tiré de son livre : Les Mémoires De L'Enfer.
J'imagine qu'écrire un livre entier de 271 pages sur Skyrock risque d'être difficile,
c'est pour sa que me laisser quelques commentaires serai bien sympathique =)

Si je me donne ce mal, c'est parce que tout le monde devrait avoir lu ce livre,
Sa donne complétement une autre vision du monde et de Manson.

/!\ Âmes sensible s'abstenir, Marilyn Manson utilise parfois des mots "choquants" /!\




Description (derrière le livre) :

MARILYN MANSON, la rock star par qui le scandale arrive,
l'extraterrestre décrié, proscrit par une légion de politiciens, de
prêtres et de parents enragés, expose dans toute sa crudité
l'hallucinant parcours qui l'a mené d'une enfance écrasée par la
crainte de Dieu à la lumière glacée de la gloire.
Un grand-père travesti, un voisin amateur de petits garçons, un
guérisseur versé dans la manipulation mentale, une institutrice
traquant les mesages sataniques dans les standards du rock ...
Queslques-une des figures qui jalonnent cette trajectoire glauque.
Des délires backstage à la paille des cachots, des consoles des
studios au monitoring des urgences, des bas-fonds du désespoir au
top des hit-parades, le prix de l'ascension est une chute vertigineuse
vers l'Enfer de Dante -- Luxure, violence et trahison.
Une confession sans fard, illustrée de dizaines de photos et de
dessins inédits, enrichie d'extraits de journaux intimes, et toute la
vérité sur les secrets des infamantes tournées qui embrasent
l'Amérique.
Mémoires De L'Enfer, chant d'un corp électrique, est la chronique d'une
chute originelle, d'une métamorphose et d'une ranaissance. En trente
ans d'existence, MARILYN MANSON a connu plus d'expériences que
la plupart d'entre nous en une vie.

"Si les gens doivent me détester, autant que ce soit pour les bonnes raisons."
Marilyn Manson.

MARILYN MANSON a plus de 450 cicatrices sans compter celles du coeur.

NEIL STRAUSS collabore à Rolling Stone et au New York Times.
Il n'a qu'une cicatrice et elle lui vient de Manson.

Traduit de l'anglais par Gilles Vaugeois.





Bonne lecture.

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 09:01

Modifié le lundi 14 septembre 2009 08:59

Mémoires de l'Enfer : Chapitres et parties

1. Quand j'étais un ver.
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l ---> L'homme dont on a peur.
l ---> Nous punirons tous ceux qui aiment le rock.
l ---> Le fanzineux.
l ---> La route vers l'enfer est pavée de lettres de refus.
l ---> J'aimerai n'avoir que des majeurs en guise de doigts.

2. Déformographie.
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l ---> The Spooky Kids.
l ---> Salope de rock-star.
l ---> A tout ceux qui ne sont pas morts.
l ---> Les règles.
l ---> Tout pour rien.
l ---> On est partis voir le magicien.
l ---> Mauvais traitements : Première et deuxième partie.
l ---> Enviander les fans ; Meat and greet.

3. Comment mes ailes ont poussé
----
l ---> Le Dieu-miroir [rêves].
l ---> Antichrist superstar.
l ---> Cinquante millions de chrétiens qui hurlent ne peuvent pas se tromper.
----

- Remerciements.




# Posté le mercredi 28 janvier 2009 09:07

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 13:44

Mais un jour,
à une époque plus forte que ce présent pourri et désespéré de soi,
il viendra bien l'homme rédempteur du grand amour et du grand mépris,
l'esprit créateur que sa force irrépressible ne cesse de déloger de tous les refuges et de tout les au-delà,
dont la solitude est mal comprise par le peuple parce qu'elle semble une fuite devant la réalité :
Tandis qu'elle n'est que son immersion, son enfouissement, son enfoncement dans la réalité,
de sorte qu'une fois sorti, lorsqu'il revient à la lumière, il apporte le salut à cette réalité,
le salut de la malédiction que l'idéal antérieur lui avait jetée.
Cet homme de l'avenir qui nous sauvera de l'idéal antérieur autant que ce qui devait sortir de lui,
du grand dégoût, de la volonté, du néant, du nihilisme, lui,
cette cloche de midi et de la grande décision, qui rend sa liberté au vouloir,
qui restitue à la Terre son but et à l'homme son espérance,
cet antichrétien et antinihiliste, ce vainqueur de Dieu et du néant
- il viendra bien un jour.

Friedrich Nietzsche. La généalogie de la morale.




INTRODUCTION

Dehors, il tombait des cordes.
A peine sorti de sa coquille, rejeton de l'humanité tout entière,
Marilyn Manson est entré sans se presser.
Pas de doute :
Il commençait à ressembler à Elvis et à sonner comme lui.

David Lynch, La nouvelle-Orléans 2h50




A Barb et Hugh Warner :
Que Dieu leur pardonne de m'avoir mis au monde.

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 09:34

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 13:20

1. L'homme dont on a peur.

1. L'homme dont on a peur.
photo : Marilyn Manson enfant avec son père.


Parmi toutes les choses que l'on peut contempler sous la
voûte céleste, on ne peux rien voir qui stimule plus l'esprit
humain, qui enchante plus les sens, qui terrifie davantage,
qui provoque plus de terreur et d'admiration que les
monstres, les prodiges et les abominations au travers
desquels nous voyons les oeuvres de la nature inversées,
mutilées et tronquées.

Pierre Boaistuau, Histoires Prodigieuses, 1561



_Premier cercle : Les limbes._
_Premier cercle : Les limbes._
_Premier cercle : Les limbes._



L'Enfer, pour moi, c'était la cave de mon grand-père. Cette pièce puait autant que des toilettes publiques et était au moins aussi sale. Le sol humide en béton était jonché de cannettes de bières vides ; tout était recouvert d'une péllicule de graisse qui n'avait probablement pas été essuyée depuis que mon père était môme. On y accédait uniquement par un escalier branlant en bois, fixé sur un mur de pierre rugeux ; seule mon grand-père avait le droit d'aller à la cave. C'était son univers.
__Bien en évidence sur le mur, pendait une poire à lavement d'un rouge fatigué ; Jack Angus Warner se trompait s'il pensait que même ses petits-enfants n'oseraient pas s'y aventurer. Plus à droite, dans une armoire à pharmacie blanche et déformée, il y avait une douzaines de vieilles boîtes de préservatifs sans marque, achetées par correspondance et dans un état de décomposition avancé, un vaporisateur rouillé plein de déodorant pour femme, une poignée de doigts en latex auquels ont recours les médecins pour les touchers rectaux, ainsi qu'un Frère Tuck qui bande lorsqu'on lui appuie sur la tête. Derrière l'escalier se trouvait une étagère sur laquelle était posée une dizaine de pots de peinture remplis --- comme je l'ai découvert plus tard --- de films pornos en 16 mm. Et pour couronner le tout, une petite fenêtre carrée qui ressemblait à un vitrail, mais qui était en faite grise de crasse. Regarder au travers revenait à essayer de percer la noirceur de l'enfer.
__Ce qui m'intrigait le plus dans cette cave, c'était l'établi. Vieillot et grossier, il donnait l'impression d'avoir été fabriqué des siècles auparavant. Il était recouvert d'une sorte de moquette en peluche orange foncée, un peu comme les cheveux des poupées Raggedy Ann, à la différence près que la mouquette, elle, avait été souillée au fil des année par les nombreux outils qui avaient été posés dessus. Sous l'étable se trouvait un tiroir de guingois, mais toujours fermé à clef. Sur des chevrons au-dessus de l'établi, on avait accroché un miroir bon marché fait pour se voir en pied : Le genre d'objet avec un cadre en bois que l'on fixe généralement derrière une porte. Mais, pour une raison qui m'échappait, il était cloué au plafond : A moi d'imaginer pourquoi. C'est donc là qu'avec mon cousin Chad, nous avons commencé à nous immiscer jour après jour plus hardiment dans la vie de mon grand-père.
__J'avais 13 ans, des tâches de rousseur, j'étais maigre et j'arborais une coupe au bol, oeuvre des ciseaux de ma mère. Aussi efflanqué que moi, Chad avait 12 ans, des tâches de rousseur et des dents de lapin. Nous rêvions de devenir flics, espions ou détectives privés lorsque nous serions grands. C'est en essayant de développer en cachette les talents qui nous serons nécessaire, que nous nous sommes retrouvés exposés à toute cette iniquité.
__Au départ, nous voulions juste nous glisser en bas afin d'espionner Grand-père sans qu'il s'en rende compte. Mais lorsque nous avons peu à peu découvert ce qui se cachait dans cette cave, notre optique changea du tout au tout. Nos incursions dans la cave, dès que nous rentrions de l'école, étaient motivées à la fois par l'envie de deux pré-ados de se branler devant des photos pornos et par la fascination morbide qu'exerçait sur nous notre grand-père.
__Presque tous les jours, nous faisions des découvertes plus choquantes les unes que les autres. Je n'étais pas très grand, mais si je me mettais prudemment en équilibre sur la vieille chaise en bois de Grand-père, j'arrivais à atteindre l'espace entre le miroir et le plafons. C'est là que j'ai découvert une pile de photos zoophiles en noir et blanc. Elles ne provenaient pas d'un magazine, c'était simplement des photos numérotées, qui semblaient avoir été sélectionnées dans un catalogue de vente par correspondance. J'avais déjà vu "Playboy" et "Penthouse", mais ces photos là apparement tenaient à une autre catégorie. Ce n'étaient pas tant leur obscénité que leur caractère irréel : Toutes ces femmes arboraient un sourire innocent de jeunes hippies tandis qu'elles montaient ces animaux ! ...
__Il y avait également des magazines fétichistes planqués derrière le miroir, tel "Watersports" et "Black Beauty". Plutôt que de piquer les numéros entiers, nous préférions découper soigneusement les pages qui nous intéressaient avec une lame de rasoir. Puis nous pliions les pages en petits carrés pour les cacher sous les gros galets blancs qui encadraient l'allée en gravier menant chez grand-mère. Des années plus tard, quand nous sommes revenus les chercher, elles étaient toujours là, usées, abîmées et recouvertes de vers de terre et de limaces.
__Un après-midi d'automne, Chad et moi étions assis autour de la table de la salle à manger de ma grand-mère. La journée avait été particulièrement morne à l'école et nous avions déjà décidé de découvrir ce que pouvait cacher le tiroir sous l'établi. Toujours déterminée à gaver sa progéniture, ma grand-mère Béatrice nous forçait à avaler des pains de viande et du Jell-O, gelée composée principalement d'eau. Elle était issus d'une famille riche et avait énormément d'argent en banque, mais elle était tellement radine qu'un seule paquet de gelée pouvait durer des mois. Elle portait des bas à mi-genoux qu'elle roulait en boule sur ses chevilles et de curieuses perruques grises qui, à l'évidence, étaient trop grandes. Les gens ont toujours trouvé que j'avais hérité de sa maigreur, mais aussi de son visage en lame de couteau.
__Dans la cuisine, rien n'a jamais changé tout ce temps où j'ai avalé ses immangeables repas. Au-dessus de la table était accrochée une photo jaunissante du pape, enchâssée dans un cadre en laiton bon marché. Un imposant arbre généalogique familial était palacardé sur le mur voisin : On pouvait y suivre toute la lignée des Warner depuis la Pologne et l'Allemagne, à l'époque où ils s'appelaient les Wanamaker. Enfin, surplombant le tout, un imposant crucifix en bois creux, avec un Jésus en or enveloppé dans une feuille de palmier desséchée, avec, tout en haut, un petit tiroir escamotable renfermant un cierge ainsi qu'une fiole d'eau bénite.
__Sous la table de la cuisine il y avait une bouche d'aération donnant directement sur l'établi de la cave. Au travers, nous pouvions entendre mon grand-père cracher ses poumons au sous-sol. Il branchait sa CB sans jamais parler dedans. Il se contentait d'écouter. Quand j'était petit, il avait été hospitalisé pour un cancer de la gorge, et du plus loin que je m'en souvienne je n'ai jamais entendu sa vraie voix : Je n'ai connu que le sifflement irrégulier de sa trachéo.
__Nous attendions qu'il quitte la cave, laissions notre viande sur la table, versions le Jell-O dans le conduit du chauffage, puis nous partions en exploration au sous-sol, poursuivis par la voix de notre grand-mère qui s'époumonait en vain : "Chad ! Brian ! Finissez vos assiettes !" Cet après-midi là, on à eu de la chance qu'elle se contente de crier. D'habitude, si elle nous attrapait à voler de la nourriture, à répondre avec insolence ou à tirer au flanc, elle nous obligeait à nous mettre à genoux sur un manche à balais, dans la cuisine, entre un quart d'heure et une heure. Bref, nous en ressortions avec les genoux continuellement couverts de bleus et de croûtes.





Bhon ben, c'est tout pour aujourd'hui =/
Le chapitre n'est pas fini, mais il est beaucoup trop long pour tout mettre d'un coup.
J'espère que sa vous à plu, même si le début est beaucoup moins passionant que le reste du livre.

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 13:17

Modifié le mardi 28 avril 2009 09:02

1. L'homme dont on a peur - Suite.

1. L'homme dont on a peur - Suite.
photo : Jack Warner, grand-père de Marilyn Manson
(désolé, j'ai pas trouver meilleure qualitée =S)



__Chad et moi, nous travaillions promptement et en silence : Nous savions ce que nous avions à faire. Nous avons ramasséun tournevis rouillé qui traînait par terre ; en fesant levier, nous avons suffisamment ouvert le tiroir pour y jeter un coup d'oeil. En premier, nous avons aprerçu de la cellophane : une masse incroyable de cellophane enveloppant quelque chose. Impossible de voir quoi. Chad a enfoncé le tournevis plus profondément dans le tiroir. Il y avait des cheveux, de la dentelle. Il a poussé encore plus fort, pendant que je tirais le tiroir vers moijusqu'à ce que celui-ci cède.
__Et là, nous sommes tombés sur des bustiers, des soutiens-gorge, des jupons, des culottes, plusieurs perruques de femmes au cheveux raides, emmêlés et mouchetés. Puis nous avons commencé à déballer la cellophane, mais dès que nous avons aperçu ce qu'elle cachait, nous avons jeté le tout par terre. Aucun de nous n'osait y toucher. Il y avait là une collection de godemichés surmontés pas des mini-pompes aspirantes. J'étais jeune, mais ils me paraissaient d'une taille monstrueuse. De plus, ils étaient recouverts d'une couche visqueuse, durcie et orange foncé. Comme la gélatine qui recouvre une dinde au fur et à mesure qu'elle cuit. Nous avons compris beaucoup plus tard qu'il s'agissait de vieille vaseline.
__J'ai ordonné à Chad de remballer les godemichés et de les remettre dans le tiroir. Assez d'exploration pour cette fois. Au moment précis où nous allions utiliser la force pour remettre le tiroir en place. la poignée de la cave a tourné. Nous somme restés tétanisés, mais Chad m'a immédiatement pris par la main et nous avons plongé sous une table en contreplaqué sur laquelle mon grand-père avait monté son train électrique. Juste à temps : Nous entendions ses pas en bas de l'escalier. Le sol était jonché de décoration pour le train, surtout un mélange d'aiguilles de pin et de fausse neige qui me faisait penser à des beignets saupoudrés de sucre puis piétinés. Les aiguilles de pin nous piquaient les coudes, l'odeur était insupportable et nous avions du mal à respirer. Grand-père ne semblait avoir remarqué ni notre présence, ni le tiroir à moitié ouvert. Nous l'entendions traîner des pieds dans la pièce et tousser par le trou dans se gorge. Nous avons écouté un déclic et son train électrique s'est mis à tourner dans un bruit de ferraille sur les larges voies. Ses chaussures vernies en cuir noir se sont retrouvées juste devant notre nez. En levant les yeux, nous ne pouvions pas voir plus haut que ses genoux, mais nous savions qu'il était assis. Petit à petit, il s'est mis à gratter le sol avec ses pieds comme si on le secouait violemment sur son siège ; il toussait si fort qu'il en couvrait le bruit du train. Je suis incapable de trouver les mots pour décrire le son qui sortait de son inutile larynx, ça ne m'évoque que le buit d'une vieille tondeuse à gazon abandonnée que l'on essaie de faire redémarrer. Mais provenant d'un être humain, ce buit semblait monstrueux.
__Au bout d'une dizaine de minutes très inconfortables, une voix a appelé du haut de l'escalier. "T'as la chiasse ?" C'était ma grand-mère et, apparement, cela fesait un moment qu'elle s'époumonait. Le train s'est arrêté, les pieds aussi. "Jack, qu'est-ce que tu fabriques en bas ?!", hurlait-elle.
__Agacé, mon grand-père gueulait au travers de sa trachéo.
__"Jack ? Tu pourrais courir chez Heinie ? On n'a plus de soda."
__Encore plus agacé, Grand-père lui à répondu en aboyant. Il est resté un moment immobile, comme s'il se posait la question de savoir s'il fallait l'aider ou pas. Puis il s'est lentement levé. Nous étions sauvés, pour l'instant.
__Après avoir fait de notre mieux pour réparer les dommages que nous avions commis au niveau du tiroir, Chad et moi sommes remontés pour nous glisser dans l'appentis près du garage, là où nous rangions nos jouets. Nos jouets ! En fait il s'agissait de deux carabines à air comprimé. À part espionner mon grand-père, la maison offrait deux autres distractions : la première était d'aller dans les bois d'à côté et de tirer sur les animaux. La seconde était les filles du voisinage avec lesquelles nous voulions coucher, mais nous avons dû attendre quelques années avant de parvenir à nos fons.
__Nous allions parfois dans le parc municipal, juste derrière les bois, pour essayer d'abattre les mômes qui jouaient au football. À ce jou, Chad a toujours un plomb logé sous la peau de sa poitrine ; En effet, quand nous ne trouvions pas de cible, il nous arrivait de tirer l'un sur l'autre. Cette fois-là, nous sommes restés près de la maison et nous essayé de descendre les oiseaux dans les arbres. C'était par pure méchanceté, mais nous étions jeunes et nous n'en avions rien à foutre. Cet après-midi là, j'étais assoiffé de sans : un lapin blanc a eu le malheur de croiser notre route. Le plaisir que j'ai éprouvé en le tirant a été démesuré. Mais quand je suis allé constater les dégâts, il était toujours vivant ; Le sang qui sortait de ses yeux imbibait sa fourrure blanche. Sa bouche s'ouvrait et se refermait docilement ; il essayait désespérément de retrouver son souffle avant de mourir. Pour la première fois de ma vie, cela me rendait malade d'avoir tiré sur un animal. J'ai ramassé une grosse pierre plate pour l'achever d'un coup rapide et violent. Je n'étais pas loin d'apprendre une leçon encore plus cruellesur la manière de tuer les animaux.
__Nous sommes retournés à la maison en courant. Mes parents m'attendaient, garés devant, dans la Cadillac Coupe de Ville marron, fierté et joie de mon père depuis qu'il avait trouvé un job de directeur dans un magasin de moquette. Il ne venait jamais me chercher à l'intérieur de la maison, à moins d'y être absolument obligé, et il parlait très peu à ses parents. Mal à l'aise, il préférait m'attendre dehors comme s'il avait peur de retrouver dans cette vieille maison certaines choses qu'il avait vécues pendant son enfance.
__Le duplex dans lequel nous vivions se trouvait à quelques minutes de là : L'ambiance y était aussi oppressante que chez Grand-père et Grand-mère Warner. Au lieu de couper le cordon après le mariage, ma mère avait fait venir son père et sa mère à Canton, Ohio. Du coup, les Wyer (mamère était née Barb Wyer) vivaient juste à côté. C'était des paysans affables de l'ouest de la Virginie (mon père les surnommait les ploucs). Lui était mécanicien, elle femme au foyer, très grosse, et avalait d'énormes quantités de pillules parce qu'elle avait passé une partie de son enfance enfermée dans le placard familiale.
__Chad est tombé malade et, du coup, je ne suis pas retourné chez mes grands-parents paternels pendant environ une semaine. Bien qu'écoeuré et dégoûté, je n'avais pas encore assouvi la curiosité qu'éveillaient en moi mon grand-père et ses perversions. Pour tuer le temps, en attendant de pouvoir reprendre l'enquête, je jouais dans la cour de derrière chez moi avec celle qui, à part Chad et de bien des manières, était ma seule vraie amie : Je veux parler d'Aleusha, un chien de traîneau de la taille d'un loup, renconnaissable à ses yeux vairons, un vert et un bleu. Mais jouer à la maison me mettait dans un état proche de la paranoïa, surout depuis que mon voisin Mark était revenu de son école militaire pour les vacances de Thanksgiving.
__Mark avait toujours été un gros patapouf aux cheveux blonds et gras coupés au bol. Pourtant, je l'avais longtemps admiré parce qu'il avait trois ans de plus que moi et qu'il était beaucoup plus dévergondé. Je l'avais souvent vu dans son jardin jeter des pierres à son berger allemand ou lui enfoncer des bâtons dans le cul. On a commencé à traîner ensemble lorsque j'avais huit ou neuf ans ; surtout parce qu'il avait le câble et que j'adorais "Flipper Le Dauphin". La télé était au sous-sol, là où se trouvait le monte-charge qui servait à descendre le linge sale. Une fois Flipper terminé, Mark inventait des jeux comme celui de "la prison", qui consistait à se serrer dans le monte-charge et à faire comme si nous étions en prison. Ce n'était pas une prison ordinaire : Les gardiens étaient si sévères qu'ils ne laissaient rien à leurs prisonniers, pas même leurs vêtements ... Lorsque nous nous retrouvions nus dans le monte-charge, Mark fesait courir ses mains sur ma peau, essayait d'attraper et de caresser mon sexe. Très rapidement, j'ai craqué et tput raconté à ma mère. Elle a foncé directement chez ses parents qui, même s'ils m'ont traité de menteur, l'ont immédiatement envoyé dans une école militaire. Depuis, nos deux familles se haïssent et je me suis toujours dit que Mark m'en voulait d'avoir cafardé et qu'il me tenait pour responsable s'il avait atteri dans cette école. Depuis son retour, il ne m'avait pas adressé la parole. Il me jetait juste des regards en biais par la fenêtre de sa chambre ou par dessus la barrière. Je vivais donc dans la peur de sa vengeance ; J'imaginais qu'il allait s'en prendre à moi ou à mes parents, voire à mon chien.
__La semaine suivante, j'ai été, pour ainsi dire, soulagé de retourner chez mes grands-parents et d'aller jouer au détective avec Chad. Nous étions alors bien déterminés à percer le secret de Grand-père une bonne fois pour toutes. Après nous être forcés à avaler la moitié de nos assiette pleine à ras bord préparée par Grand-mère, nous nous sommes excusés avant de nous diriger vers la cave. Du haut de la cage d'escalier, nous pouvions entendre les trains rouler. Il était bien en bas.




Le chapitre n'est pas encore fini ^^
Je le finirai la prochaine fois.

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 09:19

1. L'homme dont on à peur - Deuxième suite.

1. L'homme dont on à peur - Deuxième suite.
photo : Aleusha, le chien de Marilyn Manson.
(Mauvaise qualitée aussi =/)



__Nous avons jeté un oeil dans la pièce en retenant notre souffle. Il nous tournait le dos, nous pouvions voir sa chemise en flanelle bleu et gris qu'il ne quittait jamais. Lorsqu'il tendait le cou, le col de sa chemise souligné de jaune et de marron laissait apparaître un maillot de corps taché de transpiration. Un élastique blanc, noirci par la crasse, entourait sa gorge de façon à maintenir le cathéter en métal au-dessus de sa pomme d'Adam.
__Nos corps frissonaient de peur, doucement, nerveusement. Le moment était venu. Nous avons descendu l'escalier qui craquait en essayant de faire le moins de bruit possible : Nous espérions que le bruit des trains couvriraient nos pas. Une fois en bas, nous sommes allés nous cacher dans le renforcement puant le moisi derrière l'escalier, en évitant de cracher et de crier lorsque les toiles d'araignée s'accrochait à notre visage.
__De notre cachette, nous pouvions voir le circuit. Il y avait deux voix ferrées : Sur chacune d'elles, un train cahotait sur des rails posés un peu au hasard ; Il se dégageait une odeur toxique d'eléctricité, comme si le métal des voies était en train de brûler. Grand-père était assis près du transformateur noir permettant d'actionner les trains. Sa nuque était tellement ridée, tellement rouge, aussi usée et tannée que celle d'un lézard. Le reste de sa peau oscillait entre le gris et le blanc, comme une merde d'oiseau ; Seul son nez, déformé par des années passées à boire, était violacé. Ses mains calleuses avaient été durcies par une vie de labeur, ses ongles étaient noirs et cassants comme les ailes d'un scarabée.
__Grand-père s'intéressait absolument pas aux trains qui tournaient sans fin autour de lui. Son pantalon aux genoux, un magazine étalé sur les cuisses, il crachait et frottait rapidement sa main droite entre ses cuisses. En même-temps, de sa main gauche, il essuyait toutes les glaires sortant de sa trachéo à l'aide d'un mouchoir qui n'était plus qu'une croûte jaune. Comprenant ce qu'il était en train de faire, nous avons voulu remonter illico presto. Mais nous étions coincés derrière l'escalier et nous avions bien trop peur pour en resortir.
__Soudain, sa toux s'est transformée en toussotement avant de s'arrêter. Grand-père à alors pivoté sur son fauteuil et s'est retrouvé pile en face de la montée d'escalier. Notre sang n'a fait qu'un tour. Il s'est levé et le pantalon à glisser sur ses chevilles : Nous aurions voulu disparaître dans le mur moisi. Nous ne pouvions plus voir ce qu'il était en train de faire. C'était comme si on m'avait frappé des tessons de bouteilles en plein coeur ; Trop pétrifié, j'étais incapable de crier. Des centaines de châtiments plus pervers et plus violents les uns que les autres m'ont traversé l'esprit. En fait, à ce moment là, le simple fait de me m'effleurer le bras m'aurait immédiatement laissé raide mort de peur.
Sa toux a repris en même temps que le frottement de ses pieds sur le sol. Nous pouvions reprendre notre souffle. C'était le moment de jeter un coup d'oeil entre les marches de lêscalier. Nous n'en avions pas vraiment envie, amis c'était maintenant ou jamais.
__Après quelques interminables secondes, un son épouvantable a jailli de sa gorge. On aurait dit le bruit d'un moteur de voiture lorsqu'on tourne la clef alors que le contact à déjà été mis. Nous avons attendu qu'il s'en aille avant de grimper l'escalier, tout en nous jurant de ne plus jamais remettre les pieds dans cette cave. Si Grand-père s'est aperçu de notre présence, s'il à remarqué que nous avions forcé le tiroir, il ne nous en a jamais rien dit.
__Pendant le trajet de notre retour, j'ai tout raconté à mes parents. J'ai l'impression que ma mère m'a plus ou moins cru et que mon père, ayant grandi là, savait déjà. Mon père n'a pas décroché un mot, mais ma mère nous à raconté que plusieurs années auparavant, lorsque Grand-père était routier, il avait eut un accident. En arrivant à l'hôpital, les médecins l'avaient déshabillé et avaient découvert des vêtements de femme sous les siens. Cela avait fait un véritable scandale dans la famille, mais personne n'était censé en parler ; Nous devions bien évidemment nous aussi garder tout cela secret. Aujourd'hui encore, ils nient tous catégoriquement. Chad à dû lui aussi tout raconter à sa mère, car pendant dès années il n'a plus jamais eu le droit de traîner avec moi.
__De retour à la maison, je suis allé dans le jardin pour jouer avec Aleusha. Elle était étendue sur la pelouse contre la barrière : Prise de convulsions, elle vomissait. Le temps que le vétérinaire arrive, Aleusha était morte et moi en larmes. Le véto nous a simplement dit qu'elle avait été empoisonnée : Curieusement, il me semblait connaître le coupable.



Fin du premier chapitre =p

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 14:18

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 14:29

2. Nous punirons tous ceux qui aiment le rock.

2. Nous punirons tous ceux qui aiment le rock.
[Brian Warner] était un élève moyen. Il a toujours été maigre
comme un clou. J'avais l'habitude d'aller chez lui pour écouter
des disques, des trucs comme Queensryche, Iron Maiden,
Et surtout Judas Priest. J'étais plus dans ce trip que lui ... Je ne
pensais pas que [musicalement] il avait vraiment du talent et
peut-être qi'il n'en a pas. Il a peut-être juste eu du pot.

Neil Rubles, Heritage Christian School, Promotion 1987.


J'étais dans la même classe que Brian Warner à la Christian
School de Canton, Ohio. Nous rejetions vigoureusement tous
les deux la pression exercée pas l'éducation religieuse. Lui, bien
évidemment, se prétend sataniste. Personnellement, je refuse
la notion même de Dieu et de Satan, au départ parce que j'étais
agnostique, et après parce que je suis devenue une sorcière.

Kelsey Voss, Heritage Christian School, Promotion 1987.


J'aimerais demander à Marilyn Manson : "Ais-je influencé quelque
part ta façon de vivre ?" Je ne cesse de m'interroger :
"Hé, aurais-tu dû agir autrement ?"

Carolyn Cole, ancienne directrice, Heritage Christian School.


Jerry, parfois il m'arrive de penser que l'on se dirige droit
vers la civilisation d'armageddon.

Ronald Reagan, s'adressant au révérend Jerry Falwell.






La fin du monde n'à pas eu lieu à la date prévue. À l'Heritage Christian School, chaque vendredi, pendant les séminaires, on m'avait fait croire que tout les signes étaient réunis. "Vous saurez que la bête va jaillir lorsque vous entendrez ses dents grincer", assenait Melle Price de sa voix la plus sévère, la plus menaçante à des rangées de sixièmes tremblotant. "Et tous, enfants comme parents, tous souffriront. Et ceux qui ne recevront pas la marque, le chiffre de leur nom, seront décapités devant leurs familles et leurs voisins."
__À cet instant, Melle Price s'arrêtait pour plonger dans sa pile de fiches sur l'apocalypse et brandissait une photocopie agrandit d'un code barres dont le chiffre avait été trafiqué de manière qu'on lise 666. C'est comme ça que nous avons appris que l'apocalypse était au coin de la rue : Le code barres était la marque de la bête dont il est question dans l'apocalypse ; C'était ce que l'on nous apprenait, et les machines pour les lire, installées dans les supermarchés, allaient être utilisées pour contrôler le cerveau des gens. Bientôt, prévenaient-ils, ce code satanique allait remplacer l'argent et tout le monde serait obligé d'avoir la marque de la bête sur la main pour acheter quoi que ce soit.
__"Si vous reniez le Christ, continuait Melle Price, et portez ce tatouage sur la main ou sur le front, vous aurez le droit de vivre. Par contre, vous perdrez ..." À ce moment précis, elle brandissait une carte montrant le christ descendant des cieux ... "la vie éternelle."
__Lors des autres séminaires, elle avait une coupure de journal donnant tous les détails de la vie de John Hinckley Jr, celui-là même qui venait de tenter d'assassiner Ronald Wilson Reagan. Elle la brandissait en lisant le verset 13 de l'apocalypse : "C'est ici qu'il faut de la finesse ! Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête, c'est un chiffre d'homme : Son chiffre, c'est 666" Le fait est qu'il y a six lettres dans les deux prénoms et dans le nom de famille de Reagan : signe supplémentaire que la fin du monde allait arriver, que l'Antéchrist était bien parmi nous, que nous devions nous préparer à la venue du Christ et à l'extase. Mes professeurs expliquaient cela, non pas comme une opinion sujette à interprétation, mais comme une évidence décrétée par la Bible. Ils n'avaient besoin d'aucune preuve, et savourer à l'avance l'imminence de l'apocalypse les faisait quasiment jubiler, car ils allaient être sauvés ... morts, mais aux cieux, libérés de toute souffrance.
__C'est à cette époque que j'ai commencé à faire des cauchemars, cauchemars qui n'ont jamais cessé depuis. J'étais totalement terrifié par l'idée de la fin du monde et par l'Antéchrist. C'était devenu une véritable obsession et je commençais à regarder des films comme "L'exorciste" et "La malédiction", à lire des livres comme "Les prophéties de Nostradamus", 1984 de George Orwell et la novélisation du film "Un mendiant dans la nuit", qui décrit à grand renfort de détails des gens dont on coupait la tête parce qu'ils n'avaient pas de tatouage 666 sur le front. Tout cela se mélangeait avec les harangues hebdomadaires à l'école chrétienne et, du coup, l'apocalypse m'apparaissait si réelle, si palpable, si proche que j'étais constamment hanté par des rêves et des angoisses : que se passerait-il si je découvrais qui était l'Antéchrist ? Faudrait-il que je risque ma vie pour sauver celle des autres ? Et si j'avais déjà la marque de la bête sur ma peau, là où je ne pouvais pas voir, par exemple sous mon cuir chevelu ? Et si l'Antéchrist c'était moi ? Je vivais dans la peur et la confusion, car à l'époque, même sans l'énorme influence de l'école chrétienne, ma puberté provoquait quelques boulversements.
__La preuve : Malgré les cours terrifiants pendant lesquels Melle Price nous détaillait l'inéluctable fin du monde, je lui trouvait quelque chose de sexy. En la regardant dominer la classe comme un chat siamois, ses lèvres faisant une légère moue, ses cheveux parfaitement coiffés et ses chemisiers en soie dissimulant un corps bandant : Je pourrais dire qu'il y avait quelque chose de vivant, d'humain et de passionné qui n'attendait que d'exploser sous la façade chrétienne refoulée. Je la hais pour m'avoir fait faire des cauchemards tout au long de mon adolescence. Mais je pense que je la hais encore plus pour les nombreuses pollutions nocturnes qu'elle a provoquées.



_Deuxième cercle : Les lumineux._
_Deuxième cercle : Les lumineux._
_Deuxième cercle : Les lumineux._



__Je faisais partie de l'Eglise épiscolpalienne qui, au fond, est une version light du catholicisme (mêmes grands dogmes, certaines règles en moins), et l'école n'était pas confessionelle. Mais cela n'arrêtait pas Melle Price. Parfois, elle débutait ses cours d'instruction religieuse en demandant : "Y a-t-il des catholiques dans la salle ?" Lorsque personne ne répondait, elle critiquait violemment les catholiques et les épiscopaliens ; Dans son cours, elle expliquait qu'ils interprétait mal la Bible et vénéraient de fausses idoles en priant le pape et la Vierge Marie. Je restais assis, muet, exclus : Devrais-je en vouloir à elle ou à mes parents de m'avoir élevé au sein de l'Eglise épiscopalienne ?
__Mon humiliation était à son comble au cours des conférences du vendredi : Des invités venaient nous expliquer qu'ils avaient été prostitués, junkies et adeptes de la magie noire jusqu'à ce qu'ils rencontrent Dieu et choisissent de suivre Son droit chemin pour renaître à la vie. On aurait dit un meeting des Satanistes Anonymes. Lorsqu'ils avaient terminé, tout le monde devait baisser la tête et prier. Le pasteur raté qui animait la réunion demandait à ceux qui n'avaient pas réussi à renaître de venir sur l'estrade et de se tenir par la main pour être sauvés. À chaque fois, je savais que j'aurais dû y aller, mais j'étais trop pétrifié pour me retrouver sur l'estrade devant toute l'école et, bien sûr, trop embêté pour admettre que moralement, spirituellement et religieusement, j'étais en retard sur tous les autres.
__Le seul endroit où j'excellais, c'était au skatepark, bien que ce soit devenu très vite inextricablement apocalyptique. Mon rêve était de devenir champion de patins à roulettes, et pour y arriver j'avais harcelé mes parents afin qu'ils gaspillent dans des patins professionnels, qui valaient plus de 400 dollars, l'argent qu'ils avaient mis de côté pour partir en week-end. Ma partenaire s'appelait Lisa, une fille maladive, perpétuellement congestionné, mais néanmoins l'un de mes premiers grands béguins. Elle venait d'une famille stricte et croyante. Sa mère était l'une des secrétaires du révérend Ernest Angley, un des plus célèbres guérisseurs télévangélistes à l'époque. Nos pseudo-rendez-vous après les entraînements consistaient généralement à se suicider à la fontaine à soda du skate-park -- mélanges décolorés de Coca, de Seven-Up, de Sunkist et de différentes boissons gazeuses -- pour finir par un crochet à l'église ultra-opulente du révérend Angley.
__Le révérend était l'une des personnes les plus effrayantes que j'ai jamais rencontrées : Ses dents parfaitement alignées brillaient comme des carreaux de salle de bains, une moumoute était ramassée sur le haut de son crâne tel un chapeau fabriqué avec des cheveux mouillés récupérés dans la canalisation d'une baignoire ; il portait toujours un costume bleu pastel avec une cravate vert menthe. Chez lui, tout puait l'artificiel : de son apparence siliconée et manucurée à son nom supposé évoquer l'expression "l'ange sérieux".
__Chaque semaine, il fesait venir sur l'estrade des personnes souffrant de divers handicaps et, apparement, les guérissait devant des millions de téléspectateurs. Il pointait son doigt vers l'oreille d'un sourd ou l'oeil d'un aveugle, en hurlant "Que les esprits du Diable sortent de toi" ou "Parle, bébé", puis il agitait le doigt jusqu'à ce que la personne sur l'estrade s'évanouisse. Ses sermons ressemblait à ceux de l'école : Le révérend nous brossait un horrible tableau de l'apocalypse toute proche -- la différence étant qu'ici les gens hurlaient, tombaient dans les pommes et s'exprimaient dans des langues inconnues autour de moi. À ce moment de l'office, tous lançaient de l'argent sur l'estrade. Des centaines de pièces de 25 cents pleuvaient, ainsi que des dollars d'argent et des liasses de billets tandis que le révérend continuait à témoigner sur les limbes et l'iredivine. Il vendait des lithographies numérotées accrochées aux murs de l'église. Ce n'étaient que des scènes macabres : Par exemple, les quatre Cavaliers de l'Apocalypse traversant une petite ville pas très différente de Canton au coucher du soleil et laissant derrière eux une traînée de gorges tranchées.
__Les services duraient entre trois et cinq heures. Si je m'endomais, j'étais puni et emmené dans une pièce à part dans laquelle se tenaient des séminaires spéciaux pour les jeunes. Et là, devant une douzaine d'autres jeunes, ils critiquaient sévèrement le sexe, les drogues, le rock et le monde matériel jusqu'à en vomir. Cela ressemblait à un lavage de cerveau : Nous étions épuisés et ils ne nous donnaient rien à manger pour nous fragiliser en nous affamant.
__Lisa et sa mère étaient entièrement dévouées à cette église. En grande partie parce que Lisa était née à moitié sourde et que, paraît-il, au cours d'un service, le révérend aurait pointé son doigt en direction de son oreille et lui aurait permis de recouvrer l'ouïe. Parce qu'elle était pratiquante et que sa fille avait guéri grâce à un miracle de Dieu, la mère de Lisa se montrait toujours condescendante envers moi, comme si elle et sa famille étaient meilleures et plus vertueuses. À chaque fois qu'elle me raccompagnaient chez moi après le service, elle obligeait Lisa à se laver les mains sous prétexte qu'elles avaient touché les miennes. J'étais toujours abattu par ces séances, mais j'allais malgré tout à l'église avec elles, car c'étaient pour moi la seule occasion de voir Lisa en dehors de la piste de skate.
__Cepedant, notre relation a tourné court. Il arrive parfois qu'un événement change définitivement l'opinion que vous pouvez avoir sur quelqu'un et détruise l'idéal que vous avez bâti autour de cette personne, vous obligeant ainsi à voir la créature faillible et humaine qu'elle est réellement. C'est ce qui s'est passé un jour où elle me raccompagnait chez moi après l'église. Nous étions écroulés sur le siège arrière de la voiture de sa mère et Lisa se moquait de ma maigreur : J'ai alors mis m a main sur sa bouche pour la faire taire. En éclatant de rire, elle a rejeté dans ma main une boulette d'une épaisse morve vert citron. Je n'en croyais pas mes yeux. Et encore plus répugnant, lorsque j'ai retiré ma main un long fil de cette matière est resté accroché entre mes doigts et sur son visage comme un bonbon à la pomme. Lisa, sa mère et moi étions tous les trois horrifiés, gênés. Je n'arrivais pas à me débarrasser de la sensation de cette morve qui s'étalait et formait une toile entre mes doigts. Elle venait de s'avilir et de me montrer sa vrai nature, révélant le monstre caché derrière le masque, un peu comme j'imaginais le révérend Angley. Elle n'était pas mieux élevée que moi, malgré ce que sa mère avait essayé de me faire croire. Je n'ai fait aucun commentaire ... et ne lui ai plus jamais adressé la parole.
__À l'école chrétienne, je commençais aussi à perdre mes illusions. Un, jour, en CM1 (= 4ième en Suisse), j'ai apporter une photo que Grand-mère Wyer avait prise au cours d'un vol entre la Virginie-Occidentale et l'Ohio et, sur ce cliché, il semble y avoir un ange au milieu des nuages. C'était l'un de mes objets préférés : J'étais excité de le partager avec mes professeurs, car je croyais encore à tout ce qu'ils m'enseignaient à propos des cieux. Je voulais donc leur montrer ce que ma grand-mère avait vu. Mais ils ont soutenu qu'il s'agissait d'un canular, ils m'ont passé un savon et m'ont renvoyé à la maison en m'accusant de blasphémer. C'était ma tentative la plus sincère de coller leur idée du christianisme, de leur prouver que j'adhérais à leurs croyances, et ils me punissaient pour ça.
__Tout cela confirmait ce que je savais depuis le début : Je ne serais pas sauvé comme tout un chacun. J'y pensais tous les jours en quittant l'école ; je tremblais de peur en attendant la fin du monde, car évidemment je n'irais jamais au ciel et je ne reverrais jamais mes parents. Une années à passé, puis une autre et encore une autre, et le monde, Melle Price, Brian Warner et les prostituées qui s'étaient régénérées étaient toujours là : Je me sentais flou et trahi.
__Petit à petit, j'ai commencé à éprouver du ressentiment, à me méfier de ce que l'on me racontait dans cette école. Il devenait clair que toute cette souffrance dont ils voulaient se libérer en priant, ils se l'imposaient à eux-mêmes, mais à nous aussi par la même occasion. La bête dont ils avaient si peur, c'était eux : C'est-à-dire l'Homme, et non pas quelque démon mythologique qui allait venir détruire l'espèce humaine. Leur propre peur avait créé la Bête.
__Les graines de ce que je suis devenu avaient été semées.
__"Les fous ne sont pas nés." J'ai griffonné cette phrase dans mon carnet de notes pendant un cours de morale. "On les arrose et ils grandissent comme de la mauvaise herbe à cause d'institutions comme le christianisme." Ce soir là, au cours du dîner, j'ai tout avoué à mes parents. "Ecoutez, leur ai-je expliqué, je veux aller à l'école publique, je ne me sens pas chez moi dans cette école. Ils sont contre tout ce que j'aime."
__Mais ils n'ont rien voulu entendre. Ils ne tenaient pas spécialement à ce que j'aie une éducation religieuse, mais ils désiraient que je sois dans une bonne école. L'école publique la plus proche, GlenOak East, craignait. Je voulais y aller.

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 14:49

Modifié le mardi 28 avril 2009 09:10

2. Nous punirons tous ceux qui aiment le rock - Suite

2. Nous punirons tous ceux qui aiment le rock - Suite
__Et la révolte commença. Ce n'était pas à la Christian Heritage School que je pouvais me rebeller. L'endroit était régi par des règles traditionalistes. On nous imposait des lois étranges pour nous habiller : Les lundi, mercredi et vendredi, nous devions porter un pantalon bleu, une chemise blanche boutonnée et, si nous le désirions, une touche de rouge. Les mardi et jeudi, nous devions porter un pantalon vert foncé, ainsi qu'une chemise blanche ou jaune. Nous devions passer chez le coiffeur dès que nos cheveux touchaient nos oreilles. Tout était réglementé, ritualisé. Aucun d'entre nous n'avait le droit d'afficher la moindre différence, la moindre supériorité. Lâcher dans la nature tous ces diplômés en leur fesant croire que la vie était juste et qu'ils seraient tous traités sur un pied d'égalité n'était pas une très bonne manière de préparer leur entrée dans le monde.
__Dès l'âge de douze ans, je me suis embarqué dans une campagne toujours plus virulente pour être viré de l'école. J'ai très naïvement commencé avec des sucreries. J'avais toujours ressenti une parenté avec Willy Wonka. Même à cet âge, j'avais déjà compris qu'il était un anti-héros, une icône de l'interdit. Et dans mon cas, l'interdit était le chocolat, symbole de plaisir et de tout ce que vous n'êtes pas censé posséder, que ce soit le sexe, les drogues, l'alcool ou la pornographie. À chaque fois que Willy Wonka and the Chocolate Factory passait sur Star Channel, ou dans le miteux cinéma du quartier, je le regardais à en être obsédé, tout en vidant des sacs et des sacs de sucreries.
__À l'école, sucrerie et bonbons étaient de la contrebance. Par conséquent, j'allais au Five and Ten de Ben Franklin, un magasin voisin qui ressemblait à une ancienne cafétéria et qui était bourré de Pop Rocks, Zotz, Lik-M-Stix et autres comprimés pastels ressemblant à des pillules et collant si bien à l'emballage qu'il est impossible de les manger sans avaler en même temps des lambeaux de papier. En y repensant, j'étais attiré par les sucreries qui ressemblaient le plus à des drogues. La plupart n'étaient pas de simples bonbons : ils produisaient également une réaction chimique. Ils pétillaient dans la bouche ou randaient les dents toutes noires.



_Toisième cercle : Les gourmands._
_Toisième cercle : Les gourmands._
_Toisième cercle : Les gourmands._



__Tout naturellement, je suis devenu dealer de bonbons, fourguant au prix que je voulais ma marchandise à l'heure du déjeuner, car personne d'autre n'y avait accès pendant l'école. Rien que le premier mois, je me suis fait une petite fortune -- au moins quinze dollars en pièce de cinq et dix cents. Et puis on m'a balancé. Il m'a fallu rendre tous mes bonbons et tout mon argent aux autorités. Malheureusement je n'ai pas été viré de l'école, juste exclus temporairement.
__Mon second projet consistait en un magazine. Dans l'esprit de "Mad" et de "Cracked", il s'appelait "Stupid". La mascotte me ressemblait assez : un môme aux dents en avant, avec un gros nez. Il avait de l'acné et portait une casquette de base-ball. Je le vendais vingt-cinq cents, ce qui était tout bénéfice car je le tirais gratuitement chez Carpet Barn, là où mon père travaillait. La machine était un appareil bas de gamme qui tombait en morceaux. Il s'en dégageait une odeur âcre proche de celle du carbone, et immanquablement les six pages que comportait le magazine se retrouvaient maculées. À l'école, où les obscénités et autres blagues graveleuses manquaient, Stupid a toutefois remporté un rapide succés -- jusqu'à ce qu'on me dénonce à nouveau.
__La directrice, Carolyn Cole -- une grande femme bégueule et voûtée, avec des lunettes sur le nez, dont le visage surmonté d'une touffe de cheveux bruns frisés ressemblait à un oiseau --, m'a convoqué dans son bureau remplit d'administrateurs. Elle m'a fourré le magazine entre les mains en exigeant des explications à propos des dessins sur les Mexicains, la scatologie, et surtout sur le Kuwatch Sex Aid Adventure Kit, dont la publicité annonçait qu'il contenait un fouet, deux vibromasseurs, une canne à pêche, deux pince-tétons à pompon, des lunettes de plongée en métal, ainsi que des bas résille. Comme cela m'est très souvent arrivé depuis, ils n'ont pas arrêté de m'interroger sur mon oeuvre -- sans chercher à savoir s'il pouvait s'agir d'art, de distraction ou d'un gag -- et de me demander une explication. Là, exaspéré, j'ai explosé et j'ai balancé les papiers en l'air. Avant même que le dernier n'ait eu le temps de toucher le sol, Mme Cole, rouge de colère, m'a ordonné de me baisser et de m'attraper les chevilles. Elle a saisi dans le coin de la pièce une badine qui avait été dessinée en atelier par un copain, si sadiquement qu'elle était percée de trous pour réduire sa résistance à l'air. J'en ai reçu trois coups rapides, dans la grande tradition chrétienne.
__À partir de ce moment, il n'y avait plus rien à faire pour moi. Au cours, des séminaires du vendredi, les filles gardaient leurs sacs sous la chaise en bois sur laquelle elles étaient assises. Lorsqu'elles inclinaient la tête, je plongeais au sol pour voler l'argent de leur déjeuner. Si, en plus, je découvrais des lettres d'amours ou des notes intimes, je les dérobais également et, au nom de l'honnêteté et de la libre parole, je les donnais aux personnes concernées. Avec un peu de chance, cela provoquait des bagarres, des tensions et des scènes de terreur.
__J'écoutais du rock and roll depuis bien des années déjà -- et j'ai décidé que cela devait aussi me rapporter de l'argent. C'était Keith Cost qui m'avait prêté mon premier album de rock : Keith était un gros abruti doublé d'un mufle. Il paraissait avoir trente ans, mais n'était en fait qu'en troisième (9ième en Suisse). Après avoir écouté le Love Gun de Kiss et joué avec le revolver en plastique qui l'accompagnait, je suis devenu un membre adhérent de la Kiss Army, ainsi que le fier propriétaire d'un nombre incroyable de poupées, de bandes dessinées, de T-shirts et de paniers-repas Kiss, que je n'avais bien évidemment pas le droit d'emmener à l'école. Mon père m'a même emmené les voir en concert -- mon premier concert -- en 1979. Une dizaine d'adolescents lui ont demandé un autographe parce qu'il s'était déguisé comme Gene Simmons sur la couverture de l'album Dressed To Kill : Costume vert, perruque noire et maquillage blanc.
__La personne qui m'a definitivement introduit au rock and roll et au style de vie qui va avec s'appelle Neil Ruble : Il fumait des cigarettes, avait une vrai moustache et prétendait ne plus être puceau. Donc, tout naturellement, je l'idolâtrais. Moitié ami, moitié tyran, il a ouvert les vannes à Dio, Black Sabbath, Rainbow -- en fait n'importe quoi, pourvu qu'on y entende Ronnie James Dio.
__Mon autre source imperturbable d'informations a été l'école chrétienne. Tandis que Nick me branchait sur le heavy metal, l'école organisait des séminaires sur les messages subliminaux. Ils apportaient des disques de Led Zeppelin, de Black Sabbath et d'Alice Cooper et les passaient à fond sur la sono. Différents professeurs se mettaient à tour de rôle devant le platine pour, de l'index, faire tourner les disques à l'envers afin de nous expliquer le contenu de ces messages cachés. Bien évidemment, la musique la plus extrême, celle qui contenait les messages les plus sataniques, était exactement celle que je voulais entendre ... Puisque c'était interdit. Ils brandissaient des photos des groupes pour nous faire peur, mais tout ce qu'ils ont réussi à obtenir, c'est de me décider à porter les cheveux longs et une boucle d'oreille pour ressembler aux musiciens des pochettes.
__Le principal ennemi de mes profs était Queen. Ils détestaient spécialement "We Are The Champions" parce qu'il y avait un hymne en faveur des homosexuels, et en le passant à l'envers on pouvait entendre Freddie Mercury basphémer "Mon doux Satan". Peu importait s'ils nous avaient déjà appris que Robert Plant racontait la même chose dans "Starway To Heaven", Freddie Mercury chantant cela était définitivement implanté dans nos têtes et nous entendions cette phrase partout. Faisaient également partie de leur collection d'albums sataniques : Electric Light, Orchestra, David Bowie, Adam Ant, et tout ce qui pouvait contenir des thèmes gays, car c'était pour eux l'occasion de mettre l'homosexualité et le mal sur un pied d'égalité.

# Posté le mardi 03 février 2009 14:37

Modifié le mardi 28 avril 2009 09:14

J'ai pas mis la suite depuis un petit moment,
Mais voilà, je sais pas quoi faire ...
Il faut dire que je me donne un minimum de mal pour ce blog,
C'est plutôt ennuyant de recopier tout un livre comme sa,
Mais c'est pas sa le problème.
Quand je poste un chapitre, j'attends impatiemment des réactions, etc ...
Et il n'y a jamais grand chose ...
Bref, je vais poster la suite prochainement
Et si dans un petit moment ce blog en est toujours au même point,
Je pense que je l'arrêterai, mais je ferai mon possible pour que ce ne soit pas le cas ...


Merci aux quelque peu de lecteurs ^^

# Posté le lundi 16 février 2009 16:44

" Je n'arrivai pas à savoir si j'étais devenu dépravé ou éclairé. Peut-être les deux à la fois. Peut-être que dépravation est lumière sont inséparables." Marilyn Manson.

" Je n'arrivai pas à savoir si j'étais devenu dépravé ou éclairé. Peut-être les deux à la fois. Peut-être que dépravation est lumière sont inséparables."  Marilyn Manson.
Expéditeur : Konno Emi Miyako

Commentaire envoyé le : vendredi 24 avril 2009 21:27

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OOOooh naaan je t'en suppli v_v !!! Continu ton blog!! Il est génial! Cela fait des jours que je recherche un blog comme celui-ci! C'est vraiment génial ce que tu fais!! J'adore Marilyn Manson! Et je voudrais connaitre la suite T_T !! Donc tous les jours, je vais venir sur ton blog, et attendre tout le temps qu'il faut pour connaitre la suite!! ^^ Et je vais montrer ton blog à mes amis! Salut <3 (Courage pour la suite)





VOILA !
C'est le genre de commentaires motivants que j'attendais =D
Merci beaucoup à toi !
Du coup, je vais faire mon possible pour mettre la suite et faire connaître ce blog =)
J'avais presque oublié à quel point ce livre est important
Merci !

# Posté le lundi 27 avril 2009 15:24